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Les questions qui reviennent souvent

jeudi 12 juin 2008, par Radios en lutte

Ici, les questions qu’on nous pose régulièrement - si vous avez d’autres interrogations, ou d’autres informations, contactez-nous...

- Et la FM alors, elle devient quoi ?

Une directive européenne préconise l’extinction de la diffusion analogique (télé et radio) dans toute l’Europe d’ici 2012 (Conférence régionale des radiocommunications et de la communication de la Commission européenne du 24 mai 2005, dont on trouve référence ici ou ).

En tout état de cause, l’Europe ne peut pas se permettre d’ignorer les conditions de diffusion radiophonique dans les différents pays qui la constituent, et devra prendre en compte la nécessaire lenteur de la transition, à moins d’entériner une disparition des radios qui n’auront pas eu les ressources pour commencer à émettre en numérique. Divers acteurs du paysage radiophonique font état d’une continuation de la FM sur 10 ans au moins, voire 20 ans...

Pourquoi éteindre la diffusion des radios en FM ? Des arguments écologiques de nuisances liées aux ondes ont été évoqués, mais qui restent assez spécieux étant donné que la disparition de la FM ne sera pas perdue pour tout le monde : les opérateurs de téléphonie mobile ainsi que la navigation aérienne, pourraient ainsi se développer sur la bande libérée, et les appétits sont féroces en la matière...

-  Et l’AM ?

Pour l’instant la numérisation ne concerne que la bande FM. À terme, on s’oriente cependant vers le « tout-numérique », pour les grandes ondes comme pour l’ensemble des médias audiovisuels.

- La radio numérique, c’est comme les web radios ?

Non, la RNT n’a rien à voir avec les web radios : c’est la même différence qu’entre la TNT et des sites comme Youtube ou Dailymotion.

La plupart des radios qui émettent sur la bande FM ont déjà mis en place sur leurs sites internets respectifs un streaming, c’est-à-dire la possibilité d’écouter le direct hertzien depuis un ordinateur via des lecteurs multimedia. Ça ne représente aucun investissement matériel, et le coût du stream reste modéré.

Mais la Radio Numérique Terrestre est un nouveau mode de diffusion : au lieu de diffuser en analogique, les radios diffuseront en numérique - cela les obligera à changer leur équipement, et les auditeurs à changer leurs postes radios.

- Pourquoi alors ne pas faire de la web radio, tout simplement ?

Parce que des radios libres ont toute leur place sur les bons canaux de diffusion, parce qu’il n’y a aucune raison que seuls l’État et les commerciaux en bénéficient (c’était précisément l’objet de la lutte des radios pirates, de faire tomber les monopoles de la parole), parce qu’il y a beaucoup d’auditrices et d’auditeurs qui n’ont pas accès à internet, parce que d’avoir un studio et de diffuser sur les ondes c’est très différent de mettre des sons sur un site web, parce que nos radios sont des espaces collectifs, de rencontre et de débat, et pas de simples machines à diffuser des mp3, parce qu’on aime faire de la radio et qu’on continuera longtemps.

- Comment recevra-t-on la radio numérique chez soi ?

Les nouveaux postes radios ne sont actuellement pas arrivés en France, et leurs tarifs sont pour l’instant bien plus élevés que ceux des tuners et autres transistors : autour de 300 € dans l’immédiat pour un récepteur numérique. Les industriels travaillent à faire baisser les prix, avec l’objectif de se stabiliser autour de 50 € d’ici la fin 2008. L’enjeu du renouvellement de matériel est considérable : on estime actuellement qu’il y a 6 postes radios par foyer...

Il y avait moyen d’avoir des récepteurs moins chers mais vue la norme choisie, le T-DMB, premièrement il faut construire des récepteurs uniquement pour la France (alors que les récepteurs pour le DAB et le DRM existent déjà dans les autres pays européens), et deuxièmement il faut un écran couleur pour recevoir les images (alors que les écrans en noir et blanc, voire pas d’écran du tout, seraient revenus beaucoup moins chers).

La réception des radios numériques sera probablement vendue voire fournie gratuitement comme service associé sur les téléphones portables et autres baladeurs mp3. C’est un des arguments pour faire passer la pillule du numérique, que la radio deviendra ainsi un média mobile, à écouter dans l’oreillette, même dans sa cuisine.

- C’est pour quand exactement la radio numérique ?

Le premier appel à candidatures du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel demandait aux radios des grandes agglomérations de déposer un dossier d’ici au 16 juin 2008, avec pour objectif de commencer à émettre en numérique début 2009. Les radios des villes plus petites et les radios rurales avaient jusqu’à fin 2008 pour demander une fréquence.

Face à la confusion et à l’absence totale de préparation, la date butoir de demande de fréquence pour les grandes agglomérations a été repoussée au 1er octobre 2008, ce qui devrait retarder d’autant le début effectif de la RNT. Pour l’instant, un certain nombre de radios associatives, non commerciales et même commerciales, ne sont de toutes façons pas du tout en capacité de diffuser en numérique.

Restera ensuite la fameuse question de l’équipement des foyers : on écoutera peut-être la RNT sur son portable, mais sans faire dans l’immédiat la démarche d’acheter un tuner numérique. Dans un pays comme le Canada, la radio numérique a dû faire marche arrière, trop peu de personnes s’étant équipées pour la recevoir.

- Combien ça vous coûtera, la radio numérique ?

On nous vantait les coûts réduits de la diffusion en numérique, les premiers devis sont tombés et c’est loin d’être une affaire. Pour l’instant, la diffusion numérique nous coûterait aussi cher, sinon plus, que la diffusion analogique. Pourquoi ? Notamment à cause de la fameuse norme T-DMB, dont le canal vidéo va nous coûter cher, au sens propre (c’est la norme la plus chère) et au sens figuré (les données images prendront de la place au détriment du son).

Comme nous serions tenues de double-diffuser (en analogique et en numérique) pendant un nombre d’années indéterminé (tant que la bande FM existera), cela signifie que nos coûts de diffusion vont tout simplement doubler du jour au lendemain.

Et puis il faut ajouter à cela l’investissement en matériel, la formation à la technologie, le développement des données associées.

- Mais alors vous êtes contre l’arrêt de la pub sur les chaînes publiques ?

Ah non non non ! Nos radios ont choisi de ne pas diffuser de publicité, on est donc plutôt très contents quand elle recule sur d’autres médias. En revanche, ce qu’on trouve un peu fort, c’est que l’État ne prévoit pour l’instant aucune compensation financière et donc mette en danger non seulement le service public, mais aussi les radios associatives non commerciales.

Le Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique est une conquête du mouvement des radios libres dans les années 1980 : il a été créé pour garantir l’existence d’un secteur à but non lucratif. On peut regretter qu’il ait été adossé aux recettes publicitaires, et donc dépendant d’elles : il y aurait d’autres modes d’approvisionnement du FSER à envisager.

Mais on continuera à revendiquer que nos radios bénéficient de financements publics, en raison du rôle qu’elles jouent, en tant qu’associations et en tant que médias.

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